Le Ministre Blanquer porte plainte contre SUD éducation

Rédigé par SUD Education 80 -

SUD éducation 80 tient à apporter son soutien au syndicat SUD Education  93, suite à la plainte déposée par le ministre Blanquer à son encontre, portant sur un stage anti-raciste, ouvert à tous et toutes, comprenant deux ateliers en non-mixité raciale. Dans l'espace public ces mots peuvent faire débat, mais ils pointent sans euphémisme coupable une réalité qu'il est urgent de faire cesser.

Le fonctionnement de la fédération des syndicats SUD éducation laisse entière l’autonomie de chaque syndicat, en particulier en matière de pratiques syndicales et de politique d’action, notamment sur le contenu des formations locales. L'action du ministre constitue ingérence intolérable dans l'activité syndicale.

Les ateliers non mixtes sont des méthodes de travail, issus de la lutte des noirs américains pour les droits civiques et du Mouvement de Libération des Femmes. Ils sont utilisés pour permettre la libération de la parole par les minorités opprimées.

Par cette plainte, Blanquer donne une tribune aux multiples travaux de sociologie qui attestent de l'apartheid scolaire. Bien que l'Etat garantisse l'égalité de toutes et tous et interdise les actes et propos racistes, la loi ne définit pas la réalité. Ainsi, le terme de "racisé" est utile pour désigner le processus social qui attribue une race à certaines personnes, et qui les discrimine sur cette base.

Le chercheur G Felouzis l'a mis en évidence il y a plus de 10 ans dans les collèges bordelais. Les enseignants et les élèves du 93 le vivent quotidiennement. Sud Education n'aura pas de mal à justifier l'expression "racisme d'Etat" et un éventuel procès donnerait de l'audience à une urgence sociale, celle de la ségrégation ethnique à l'école.

Reprocher aux victimes de mettre des mots sur l'expérience subie, c'est leur interdire de forger et d'utiliser des concepts pour nommer, analyser et combattre de telles injustices, c'est bien fournir une nouvelle illustration, aux accents orwelliens, d'un "racisme d'État" qu'il convient résolument de dénoncer et de combattre. Les députés qui, dans un bel ensemble à la suite des députés du FN ont applaudi le ministre lors de son intervention, seraient bien avisés d'y réfléchir.

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