Baisse des dotations dans les lycées Picards : suite

Rédigé par SUD Education 80 -

Compte-rendu du rendez-vous syndicats/Région

Lundi 7 novembre, nous nous sommes rendus à une réunion de présentation des nouvelles dotations régionales aux lycées. Pour avoir une petite idée de ce qui est à l’œuvre, écouter l’interview d’une adhérente de SUD éducation 80 ici :

Et n’hésitez pas à vous emparer de la motion à faire adopter en CA en fin d’article !

Ce fut trop long, car en 2h on a largement pu atteindre le dialogue de sourds entre des organisations syndicales qualifiées de « nostalgiques » et une élue secondée de gestionnaires administratifs qui répètent en boucle que le budget global ne baissera pas, mais qu’il sera moins tourné vers la culture et que, pour le moment il faut faire avec moins.

Les lycées doivent donc se débrouiller avec une enveloppe globale pour les prochains mois. C’est un tantinet stressant lorsque l’on sait que bientôt les lycées devront voter des budgets pour l’année entière…

Bon, vous me direz que ce n’est pas si grave, après tout, le budget global ne baisse pas donc les lycées vont forcément avoir de l’argent à un moment ou à un autre. Mais on ignore toujours (2 mois après la rentrée) comment et dans quelles mesures les lycées pourrons demander des fonds.

Trouver des financements pour les différentes activités des élèves est un peu comme un jeu de société. ll y faut jouer les bonnes cartes dans le bon ordre pour réussir à aider les élèves des familles pauvres à manger à la cantine tout en organisant des sorties éducatives. On peut en demander à l’État, la Région, aux communes, etc. Pour le moment la Région, joue avec des règles qu’elle est seule à connaître et qu’elle va peut-être encore changer…

Le plus beau c’est que l’on nous martèle que c’est grâce au dévouement de notre élue que les établissements picards doivent l’insigne honneur d’avoir de l’argent de poche pour fonctionner…

On nous a aussi garanti une réactivité sous 10 jours en cas de demandes du chef d’établissement pour une aide financière à destination d’un élève (achat de matériels par exemple). C’est un progrès immense lorsque l’on se dit que par le passé cette aide pouvait être attribuée directement par l’établissement et donc plus rapidement.

Il en résulte des échanges vagues, ponctués de formulations au futur. « l’idée, c’est », « rien d’arrêté », « a priori » et bien sur « la faisabilité financière ». Mais soyons rassurés, car « des dotations complémentaires vont arriver ».

Comme disait le regretté Charles Pasqua : les promesses n’engagent que ceux qui les croient.

Plus sérieusement, le cheval de bataille de notre nouveau président de Région, c’est l’emploi et c’est donc la nouvelle mission du lycée. On a donc appris qu’il fallait faire entrer les entreprises dans les établissements grace à des « Fab Lab » et des espaces de « Co-working » avec des imprimantes 3D et tout et tout…
Des machines modernes c’est bien, mais on l’a déjà expérimenté avec les ordinateurs, s’il n’y a pas du personnel qualifié embauché pour l’utiliser et l’entretenir, elles deviennent vite des presse-papier hors de prix. Et sur ce point, la vice-présidente est restée très évasive.

Au-delà de cette mauvaise gestion des effets d’annonce, la direction que prend la nouvelle Région avec l’équipe de Xavier Bertrand est claire. L’éducation qu’ils financeront aura pour finalité le sacro-saint Travail et l’apprentissage des règles des entreprises. La réflexion et l’apprentissage dans le seul but de se construire et de comprendre le monde, c’est bientôt fini au lycée.

Ceux qui en ont les moyens pourront toujours allers à l’université pour perdre leur temps à réfléchir et à se cultiver. Moralité :


Une motion à faire adopter en CA

SUD éducation invite les personnels des lycées à faire adopter en conseil d’administration une motion à l’appel de la FCPE, de la CGT, de l’UNSA, de la FSU et de SUD éducation, dont le texte est à récupérer ci-dessous :


Aux hommes certifiés, le jury de CAPES reconnaissant... ou le sexisme ordinaire dans l’éducation nationale

Rédigé par SUD Education 80 -

Le rapport 2016 du CAPES de Lettres, signé par le président du jury M. Laudet, offre un nouvel exemple de sexisme ordinaire et de dépréciation de toutes celles qui exercent le métier d’enseignante.

Que lit-on en effet à la deuxième page de ce rapport ? Pour se féliciter de la progression des candidats et des admis hommes au CAPES de Lettres, le président du jury croit bon d’écrire :« La proportion des garçons au CAPES de lettres s’améliore significativement, ce qui est un symptôme d’attractivité nouvelle pour le métier de professeur de Lettres. Enseigner les lettres n’est pas une spécificité féminine et nos élèves ont besoin de l’expérimenter au quotidien. Ils y gagneront incontestablement, les garçons entre autres, et la présence accrue d’hommes pour enseigner les Lettres contribuera à affiner l’image parfois dégradée qu’ils ont de la discipline. Pour qui est légitimement soucieux de parité, c’est là une tendance vraiment encourageante. »

Ces quelques lignes sont particulièrement insultantes pour les enseignantes du secondaire, et symptomatiques de la dévalorisation et de la culpabilisation que le système patriarcal fait peser sur les femmes.

C’est un fait : le métier d’enseignant-e est largement féminisé (65% de femmes parmi les professeur-e-s du secondaire). C’est un fait aussi : notre métier est aujourd’hui dévalorisé, moins attractif. Mais quel tour de passe-passe misogyne de rendre les femmes responsables de cette dévalorisation ! C’est parce que le métier est aujourd’hui dévalorisé qu’il est féminisé, et non pas l’inverse ! C’est en effet une constante du système de domination patriarcal : aux hommes les fonctions de prestige, de pouvoir, aux femmes les fonctions subalternes et moins reconnues. Si notre métier est dévalorisé, c’est que la place de l’école, du savoir et de l’enseignant-e est méprisée. Donc plutôt que de prendre l’effet pour la cause et d’imputer à tort la dévalorisation du métier à sa féminisation les membres du jury du CAPES devraient plutôt se soucier des conditions d’exercice de plus en plus difficiles de notre métier, qui sont la véritable cause de son attractivité en berne !

Quelle misogynie également, de considérer qu’une femme serait moins à même qu’un de ses homologues masculins d’intéresser à la littérature des élèves garçons !
Quelle prétention sexiste, de voir les hommes nouvellement arrivés dans la discipline comme des sauveurs de l’enseignement des Lettres ! Et quel exemple de cooptation masculine à peine voilée par des jurys de concours qui, rappelons-le, sont très largement masculins.

Quelle hypocrisie satisfaite d’elle-même enfin, de se targuer de parité, quand, à tous les postes à responsabilités la proportion d’hommes est largement supérieure à celle des femmes ! Il semble bon de se soucier de parité quand il s’agit de privilégier les hommes, mais pas quand il s’agit d’ouvrir aux femmes des bastions masculins.

 

SUD éducation, qui a déjà pointé dans ses productions les stéréotypes sexistes liés à la féminisation de notre métier* et les mécanismes de cooptation masculine à l’œuvre dans l’éducation nationale, condamne avec force cette nouvelle démonstration de sexisme de notre institution.

Une pétition en direction du ministère a été mise en ligne ici :
https://frama.link/rapport-capes-sexiste

* Voir ici la fiche « Féminisation du métier, "perte d’autorité" et stéréotypes de genre » :

http://www.sudeducation.org/Feminisation-du-metier-perte-d.html

 


Journal n°147

Rédigé par SUD Education 80 -

Le journal n° 147 est paru ! Pour y accéder, cliquez sur la Une…

 

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Une cheffaillonne prise la main dans l’urne…

Rédigé par SUD Education 80 -

Notre histoire commence dans un collège de la Somme où il a toujours existé une liste d’union. Suite à la réforme de l’an dernier (et en particulier un C.A. qui s’était terminé par un départ précipité des chefaillons, avec porte qui claque et envolées lyriques), la direction décida de mener une grande offensive grâce à une seconde liste « qui n’est bien sûr pas celle de la direction ou de la CFDT » mais avec bien peu de professeurs


Le plus intéressant dans tout ça arriva le jour de l’élection. Un des membres de la liste syndicale se pointa au bureau de vote, déposa son bulletin dans l’urne. Il s’étonna alors que son nom soit absent de la liste d’émargement. La principale qui, par pur hasard, se trouvait à proximité, lui expliqua qu’elle avait appelé l’autre établissement où notre collègue effectue son complément de service ; et qu’il était inscrit là-bas.  Suite à quoi la cheffe se précipita pour ouvrir l’urne (oui oui, vous avez bien lu) et déchira le bulletin. Bien entendu, notre camarade n’était pas plus inscrit dans l’autre établissement et revint donc nous prévenir.
Suite à une expédition au bureau de vote, on obtint finalement qu’il puisse voter. Même si pour cela il fallut forcer la main de la hiérarchie et que SUD éducation dut avertir le cabinet du DASEN…


Le plus amusant fut l’ultime tentative de masquer ce fiasco autoritaire, en nous expliquant le vendredi soir que les P.V. n’existaient plus et que ce n’était pas utile de noter « l’incident ». Ce que nous avons finalement obtenu après une dernière entrevue, et un autre coup de fil au rectorat…


Vous l’avez compris, l’idée était de se débarrasser une fois pour toute des gêneurs en rayant d’un seul trait toute la liste.
Bilan de l’élection, la liste d’union reste majoritaire chez les enseignants, et les 3 syndicats conservent un siège. Comme dit la formule, il y a des victoires qui ont un arrière-gout de défaite chez les chefaillons.

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